Je n’ai jamais vraiment aimé les hôpitaux

6 mai 2025

Post LinkedIn 06/05/2025 – Artcurhope

Je n’ai jamais vraiment aimé les hôpitaux. Ces couloirs blancs interminables, cette odeur de désinfectant, ces bips incessants des machines. Mon diagnostic est tombé comme un couperet il y a trois mois : cancer du sein, stade 2. Depuis, ma vie se résume à des allers-retours entre ma chambre d’hôpital et les salles de traitement. Jusqu’à ce jour particulier où mon médecin m’a tendu une ordonnance peu commune : une visite au musée.

« Prescription muséale », m’explique-t-il avec un sourire. Un concept qui permet aux patients de bénéficier d’une séance découverte d’œuvres d’art. Dans mon hôpital, un partenariat avec le musée d’art local a été établi pour offrir cette approche complémentaire aux traitements conventionnels.

Je me souviens de ma première séance, de mon scepticisme initial. Comment des tableaux pourraient-ils aider à combattre ma maladie ? J’ai pourtant accepté, par curiosité plus que par conviction. 

La médiatrice culturelle m’attendait à l’entrée du musée. « Laissez-vous guider par ce qui vous touche », m’a-t-elle simplement conseillé. Au début, je me suis sentie perdue, puis une toile aux couleurs chaudes a attiré mon regard. Je suis restée plantée devant pendant plusieurs minutes, absorbée par les nuances dorées qui s’entremêlaient. Pour la première fois depuis l’annonce de ma maladie, mon esprit n’était plus accaparé par l’angoisse. C’était comme si le temps s’était suspendu, offrant une parenthèse apaisante.

Ce que j’ai rapidement constaté, c’est que pendant ces moments d’immersion artistique, mes douleurs semblaient s’estomper. Au sein du musée, mon corps tendu se relâchait progressivement, ma respiration devenait plus profonde, plus régulière.

Mais le bénéfice le plus inattendu a été le lien social. Lors des séances collectives, j’ai rencontré d’autres patients, traversant des épreuves similaires ou différentes. Nous partagions nos impressions sur les œuvres, nos parcours. Ces échanges ont brisé l’isolement que la maladie avait installé. Je n’étais plus seulement « la patiente de la « chambre 207 », j’étais redevenue une personne à part entière, capable d’apprécier la beauté, de créer, de partager.

Mes médecins ont eux-mêmes été témoins de l’amélioration de mon état général. Aujourd’hui, alors que mon traitement touche à sa fin, je continue à me rendre régulièrement au musée. La muséothérapie fait désormais partie intégrante de mon processus de guérison et de mon quotidien. J’ai même entamé une petite collection d’œuvres qui m’inspirent, accrochées dans mon salon.

La maladie m’a appris que la guérison ne passe pas uniquement par les médicaments. Elle nécessite une approche globale, où l’esprit et le corps sont considérés comme un tout indissociable. Dans cette perspective, l’art n’est pas un simple divertissement, mais un véritable allié thérapeutique.