Post LinkedIn 22/04/2025 – Artcurhope
La contemplation comme refuge
Le blanc. Toujours ce blanc immaculé qui m’entoure depuis trois semaines. Blanc des murs, blanc des draps, blanc des blouses. Un blanc qui finit par peser, par étouffer. Jusqu’à ce matin où, en ouvrant les yeux après une nuit agitée, j’ai découvert cette aquarelle aux tons pastel accrochée face à mon lit.
Je ne l’avais pas remarquée hier. Peut-être n’était-elle pas là. Ou peut-être que mon esprit, trop occupé à compter les heures, n’avait pas daigné lever les yeux. Un paysage marin, des vagues douces, un horizon qui s’étire à l’infini. Un ailleurs, une promesse.
Je contemple ces vagues figées qui semblent pourtant en mouvement perpétuel. Et pour la première fois depuis mon admission, je sens mon corps se détendre légèrement. Comme si ces couleurs pénétraient sous ma peau, apportant un peu de vie dans cet univers aseptisé.
Les jours passent, et ce tableau devient mon compagnon silencieux. Chaque matin, je le salue d’un regard. Chaque soir, je m’endors en imaginant le bruit des vagues qu’il représente. Je lui parle parfois, quand la solitude devient trop pesante. Je lui confie mes peurs, mes espoirs. Il ne répond pas, bien sûr, mais il m’écoute sans juger, sans s’impatienter.
J’ai trouvé une fenêtre.
C’est étrange comme une simple image peut transformer un espace. Ma chambre n’est plus seulement un lieu de soins, elle est devenue un refuge où la beauté a droit de cité. Où mes yeux peuvent s’évader quand mon corps reste prisonnier de la maladie.
